Jief se la raconte

07 juillet 2019

Juste une nuit

Ferme les yeux, ma toute belle
Et repose toi sur moi.
Abandonne, juste une nuit
ce désir épuisant
de contrôler ta vie
de contrôler ton corps
de contrôler tes pleurs.
Et juste avec les yeux
Montre moi ton petit coeur
De gamine mal aimée.
Fais une pause, je te dis
Fais une pause, juste une nuit.

Ne parle pas, ne dis rien
Ne souris pas non plus
Abandonne toi toute nue
à la nuit, à la lune
au ciel et aux étoiles.
Prends ton air le plus grave
Et offre moi ton corps
Avec ses cicatrices
Et offre moi ton âme
Avec ce qu'elle contient
d'amour et de désirs.
Fais une pause, je t'en prie
Offre toi, juste une nuit.


Fais offande de ton corps
Et offre moi tes lèvres
quand je te le demande
Et tes seins et ton ventre,
quand je te le dirai.
Fais offrande de ton âme
et offre moi tes rêves
en me les murmurant.
Laisse cette nuit ton plaisir
Voguer au gré du vent
Au gré de ton amant
Sois rebelle mais soumise
Comme une grande prétresse
A sa divinité
Comme une sainte martyre
implorant le Très-Haut
Fais une pause, je t'en prie
Sois à moi, juste une nuit

 

 

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04 juillet 2019

Freud expliqué aux parents

Alors comme ça, entre deux et trois ans, j'ai éprouvé du désir pour maman ? Et quand le grand Sigmund dit désir, ça ne veut pas dire envie de poutous, de chatouilles et de guili-guili, non ! Vous le connaissez ? Un vrai malade, ce mec! "désir", pour lui, ça veut dire désir sexuel, ça veut dire que j'avais envie de me la faire, de la baiser et ce, après avoir tué mon rival de père!

Bon, en même temps, j'avais des circonstances atténuantes : j'avais trois ans, je venais tout juste d'entrer dans le troisième stade de mon développement, le stade "génital" dit aussi stade "œdipien" et ça me rendait quelque peu nerveux !

Avant il y avait eu le stade oral ! Ah quel bonheur que ce stade oral ! Il est vrai que la Nature y a mis du sien aussi ! Associer comme ça, dans les premiers temps de la vie, la bouffe à une belle paire de nénés, c'est vraiment une bonne idée, une excellente façon de faire découvrir la sensualité à un garçon ! Cette association bouffe-nichons, je m'en souviens très bien, avait un côté... comment dire...? fêtard !!! Ca faisait orgie romaine de la grande époque de la décadence, carnaval de Venise au siècle de Casanova! C’était sensuel, festif, joyeux, en un mot : orgiaque ! Surtout que pendant la période "orale" (et je m'excuse d'avance auprès des personnes délicates) j'avais le droit de roter pendant le repas sans encourir ni reproches, ni regards réprobateurs ! Mieux, j'étais même encouragé à le faire par la dame aux gros nichons!

Mais bon, tout ca a un temps et me voilà un beau jour entrant de plain-pied dans le stade "génital", ultime stade du développement sexuel (stade qui est encore le mien aujourd'hui, je le rappelle à toutes fins utiles!). Période difficile s'il en est, mais quel bonheur de pouvoir enfin utiliser les attributs virils dont Dame Nature nous a pourvus ! Finies les succions mammaires, terminées les caresses anales ! J’ai trois ans et j'ai une grosse envie de sexe ! Alors voyons, faisons l'inventaire des meufs que j'ai sous la main ! Ben oui... voilà mon problème : il n'y a que maman et la nounou ! La nounou, on laisse tomber, c'était à l'époque une grande tante, vielle rombière moustachue à moitié sourde qui sentait mauvais. Mais bon, pas grave! On fait avec ce qu'on a ! Je me dis donc : j'ai trois ans, je suis au stade génital, j'ai une nana baisable à la maison (ma maman), mais aussi un rival dangereux (mon papa)!

Quoi de plus normal quand on est jeune et impulsif, que d'avoir envie de coucher avec la première et de tuer le second ? Surtout qu’étant mineur, je ne risquais rien, en droit français !

Je l'aurais fait, n'en doutez pas! Mais la providence prend quelques fois des chemins tortueux et , par manque d'expérience, je me suis laissé détourner de mes objectifs! Car que se passa-t-il juste au moment où je me disposais à accomplir mon destin d'homme ? Je vous le donne en mille ! Un quatrième larron fit irruption dans notre trio maudit : mon petit frère ! L'attrait de la nouveauté (ah, les femmes, toutes les mêmes !) fit que ma mère lui accorda toute son attention et adopta envers moi une attitude pour le moins désinvolte, me rappelant sans cesse que j'étais "un grand garçon" et que je devais arrêter mes caprices et ce, suprême humiliation, en présence de l'intrus en train de téter comme un malade !

La donne avait changé : je n'avais plus un rival, mais deux. Heureusement, au moment même où la belle inconstante me négligeait, mon père, sous prétexte de l'aider mais en réalité dans le dessein machiavélique de se trouver un complice pour se débarrasser du nouvel arrivant parasite, se rapprocha de moi, allant même jusqu'à diner en tête à tête avec moi, moments de complicité au cours desquels nous discutions de mes notes scolaires, de mes copains et même des filles.

Dès lors ce qui devait arriver arriva : peu à peu, à l'hostilité succédèrent l'estime réciproque puis l'amitié virile . Que voulez vous faire dans une situation pareille ? Mon papa et moi étions devenus copains, il ne pouvait plus être question de le tuer, même pour faire plaisir à Monsieur Freud !

Quant à ma mère, j'ai été obligé de renoncer à mes projets. Car aussi loin que je remonte dans ma mémoire, j'ai toujours eu un principe sacré : on ne touche pas à la femme d'un pote !

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30 juin 2019

Deuxième baiser

Préambule
Je visite un blog de libertine sur ce site et un détail me frappe. En faisant la (longue) liste de ses ex, notre libertine précise qu'avec certains des mecs qui figurent sur la liste, elle n'a pas eu de relations sexuelles !
S'il y a un truc qui distingue les femmes des hommes , c’est bien cela : les femmes intègrent dans leurs vies amoureuses des types avec qui il ne s'est rien passé de sexuel ! Quand elles racontent leurs vies amoureuses, elles commencent souvent par le premier baiser, le premier flirt...! Pour nous, les mecs, notre vie amoureuse commence avec le sexe ! Avant c'est quantité négligeable. Après, si on n'a pas couché, c'est que ce sont des fiascos qu'on se dépêche d'oublier! Ca prouve, s'il en était encore besoin que les femmes sont plus romantiques que les hommes, même lorsqu'elles sont libertines !
Par association d'idées, mon premier baiser m'est revenu à l'esprit ! En fait, mon deuxième. Le premier était un baiser furtif, une "grande" de deux ans plus âgée que moi et que je connaissais à peine, m'ayant, je ne sais plus dans quelles circonstances, enfoncé la langue dans la bouche. Elle a dû vouloir s'entraîner sur un petit avant d'aller embrasser un grand. Je n'ai pas aimé, j'ai eu l'impression d'avoir un morceau de viande crue dans la bouche . Oublions donc.

Introduction
La partenaire du vrai premier baiser s'appelait Christine. On faisait partie d'une petite bande de bons élèves au collège et elle était éprise de moi. Bon, je ne sais pas si on dit "éprise" à 14 ans ! Disons, qu'elle m'avait déjà fait savoir à plusieurs reprises qu'elle me trouvait beau et que tout le monde au collège savait qu'elle était amoureuse de moi. Moi, malgré la fierté naturelle qu'a un garçon de savoir qu'il plaît à une fille, elle ne m'intéressait pas trop . D'une part, parce qu'elle était très surveillée par ses parents qui la déposaient devant le collège une minute avant la sonnerie et l'attendait à la sortie. Et d'autre part , parce qu'elle n'était pas spécialement jolie. Aujourd'hui encore quand je pense à elle , c'est l'image d'Olive, la fiancée de Popeye, qui me vient à l'esprit. Même silhouette, même coiffure, la jupe trop grande qui lui arrivait presqu'au mollet...!

Le décor
Un jour nous nous sommes retrouvés dans la kermesse d'une œuvre catholique. Elle était avec sa petite sœur de 12 ans et deux cousines de 13-14 ans comme elle. Leurs parents étaient occupés dans les stands et elles étaient seules mais en contrepartie, elles avaient l'obligation absolue de rester ensemble toutes les quatre. Elle a tout pris en main, la Christine, du haut de ses 14 ans ! Elle est venue me saluer, m'a séparé de mes copains, m'a tenu la conversation sans discontinuer pendant une heure et m'a demandé de raccompagner son petit groupe chez elle au moment où la nuit commençait à tomber.

L'approche
Sur le trajet, elle m'a pris la main, regardant droit devant elle, totalement indifférente aux ricanements de ses cousines et de sa sœur qui nous suivaient 10 mètres plus loin. Je me laissais faire. Un peu plus loin, elle s'est arrêtée dans le renfoncement d'une entrée de magasin et a pris mes deux mains dans les siennes pour que je sois en face d'elle. Quand les cousines sont arrivées à notre niveau, elle leur a demandé de continuer et de l'attendre devant la pharmacie située deux rues plus loin. La petite sœur n'était pas d'accord pour transgresser l'interdiction parentale, mais elle a fini par suivre les cousines qui s'éloignaient.

L’heure H
Voilà, j'allais avoir mon premier baiser ! Tranquille, zen, avec une fille qui me regardait avec des yeux de groupie! Vous savez, nous les garçons, nous sommes toujours inquiets devant les choses de l'amour et du sexe ! Comme c'est à nous qu'il revient de tout faire, on a toujours un peu peur de ne pas être à la hauteur, de dévoiler notre inexpérience, de se prendre un râteau, d'être l'objet de la risée générale le lendemain ! Surtout que les filles sont moqueuses et cruelles, en général ! Là, rien de tout cela ! Je savais déjà avant, et encore plus à la façon dont elle avait pris les choses en main, qu'elle était totalement conquise ! Elle n'avait pas pris le premier garçon qui passait par là pour tester ses baisers, elle n'avait pas déclenché un Plan B après s'être pris un vent avec un autre, non ! Je savais que j'étais son plan A, son préféré de tous les garçons du collège, le garçon à qui elle pensait quand les filles se demandaient les unes aux autres "avec lequel tu aimerais sortir?"...

Yepp ! C’est fait !
Une gamelle d'enfer, je lui ai roulé, les gars ! Ouais, hier soir, ouais ! Non, je ne peux pas dire, ça se fait pas ! Un indice ? Euuhhh... la présidente de mon fan-club, hihihi ! Vous voyez qui c'est ? Mais vous ne donnez pas son nom aux autres, Ok ? Gentlemen, les mecs ...!
Ah oui, un vrai baiser ! Avec la langue et tout et tout...
Non, je ne lui ai pas touché le minou...! On était en pleine rue, bande de nazes ! On est gentleman où on ne l'est pas, les gars !
Les seins oui, j'ai un peu caressé, mais elle était pendue à mon cou et son corps était collé au mien, pas facile dans cette position...
Oh, ça a duré... je dirais... un quart d'heure - vingt minutes ! Ah oui non-stop, en apnée ! Ah j'ai assuré sur ce coup-là, je vous le dis!
Non, je lui ai pas mis la main dans la culotte, ducon ! Je te l'ai déjà dit : ça s'est fait dans la rue, avec des gens qui passaient et qui nous regardaient ! T’es con ou quoi ?

Epilogue 
Compte tenu de la surveillance stricte de ses parents, nous n'avons pas eu l'occasion d'échanger d'autres baisers. Non, non , en ce temps-là, on n'invitait pas les filles dans les chiottes pour les embrasser et on ne s'embrassait pas non plus dans la cour du collège ! Je suis seulement resté, jusqu’à la fin de l'année scolaire, son amoureux discret ! Celui a qui elle venait dire en chuchotant " je crois que ma copine Estelle se doute de quelque chose" ! Heureusement qu'elle ne m'a pas demandé si mes copains "se doutaient de quelque chose", j'aurais été obligé de mentir !

 

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24 juin 2019

Sa chatte Princesse

 

Parfois un tout petit détail, un grain de sable peut vous gâcher une soirée de rêve...
Un chat, par exemple...!
Et pourtant, j'aime les chats! J'aime la grâce de leur démarche,  leurs grands yeux curieux et candides, leur façon d'être à la fois calme et toujours aux aguets. Mais hélas, tout ça , de loin, il ne faut pas qu'ils me touchent ! Pas que les chats d'ailleurs, je n'aime pas toucher les poils et les plumes d'animaux, en général. Ce n'est pas allergique à proprement parler mais ça me crispe ! Il faudra que j'évoque ça aussi avec le psy que je ne manquerai pas de consulter un jour ou l'autre.

Avec Cinthia, j'avais eu l'honneur d'être présenté à Princesse dès nos premiers échanges webcam ! Oui, elle tchatait avec sa chatte sur ses genoux, lui demandait régulièrement son avis et me faisait part de ses réactions et impressions au cours de nos échanges ! C'était une façon de me dire des choses avec humour, je pense !

Tout a commencé à se compliquer pour moi le jour où elle m'a invité à passer le week-end chez elle. Enfin... invité ! ça n'a pas été facile. On se rencontrait depuis une dizaine de jours et on se faisait des petits bisous à la terrasse des cafés après le boulot. De tout petits bisous car elle était pudique et n'aimait pas "s'exhiber en public", disait-elle. Ceci dit, moi aussi, je suis assez gêné en public pour tout ce qui concerne les marques de tendresse amoureuse. Il fallait donc trouver quatre murs disponibles pour aller plus loin, sinon on en serait encore aux bisous furtifs dans six mois. Chez moi, pas possible à cause de mes filles. L'hôtel alors ? pour elle, même pas le peine d'y penser, à mon avis. Et voilà que l'occasion se présente: ses enfants seront avec leur père, ce week-end-là. Et ça n'arrive qu'une fois par mois. Je lui propose donc qu'on passe le week-end chez elle.  Mais elle trouve que c'est trop tôt. Comme je n'ai pas envie d'attendre un mois, je lui fais une proposition : on passe le  week-end ensemble avec interdiction d'aller plus loin que bisous et caresses, promis-juré sur la tête de mes enfants. (Non, non, rassurez-vous, mes amis, je ne me préparais pas à commettre un parjure ! Je fais seulement dans ces cas-là l'analyse qu'une promesse réciproque peut être levée avec l'accord des deux parties) Elle accepte. Quelle joie ! 

Ce que je n'avais pas prévu, c'est que si elle n'avait pas ses enfants ce week-end,  elle avait toujours... sa chatte Princesse !

Samedi après-midi, un petit tour au musée pour admirer (bof !) une exposition d'Archiboldi, histoire de se cultiver un peu et de bien lui montrer que pour moi, il n'y a pas que le cul dans la vie, et on arrive pour dîner chez elle. Elle me fait faire un tour rapide du propriétaire puis m'installe sur le canapé (où je suis censé dormir cette nuit) pendant qu'elle va dans la cuisine américaine, ouverte sur le salon, pour préparer l'apéro.
Arrive alors Princesse la démarche prudente, le regard fixé sur moi, se demandant manifestement ce que je fous là!
Cynthia lui dit :
"Ah te voilà, ma Princesse ! Tu connais déjà Jief, je crois, pas besoin de faire les présentations !" puis tourne le dos pour passer le bac à glaçons sous le robinet.
Princesse continue à avancer lentement vers moi, s'arrêtant net à chaque fois que je fais le plus petit mouvement, le regard toujours fixé sur moi.
Je continue à parler à Cynthia sans quitter la chatte du regard, pour le cas où elle me bondirait dessus... on ne sait jamais !
Cynthia jette un coup d'œil dans le salon.
- Mais ne fais pas ta timide, enfin, Princesse ! C'est le monsieur que tu as vu sur l'écran de l'ordinateur l'autre jour... mais si, souviens-toi...!" puis retourne préparer l'apéro.

Arrivée à l'autre extrémité du canapé, Princesse fait un petit bond (très gracieux !) et s'y installe, recroquevillée sur elle-même. C'est bon ! Il y a bien... quoi ? un mètre cinquante qui nous sépare, tout va bien !
Mais le temps que j'évalue la distance, Princesse a changé d'avis. Elle se redresse et s'avance lentement vers moi. Arrivée à côté de moi, elle vient se frotter la tête et le flanc doucement sur mon bras, enfin... sur mon pull. Cynthia est toujours en train de me parler, le dos tourné, et je n'ose pas lui dire de rappeler sa chatte. Après avoir vérifié l'absence d'hostilité de ma part, et m'avoir marqué comme faisant partie de son territoire, la chatte s'installe tranquillement sur mes genoux, sa queue autour de son corps, les yeux mi-clos. Je vais pour me lever afin de l'obliger à dégager mais, évidemment, Cynthia arrive avec son plateau dans les mains juste à ce moment-là.

"Oh tu as vu ? Elle t'a déjà adopté !"

Oui, j'avais vu !

Elle dépose le plateau sur la table du salon, vient s'asseoir à côté de moi, caresse ma nuque d'une main et Princesse de l'autre main. Comme pour l'encourager à rester sur moi.

Je me sens mal à l'aise. Il faut que le lui dises que je n'aime pas beaucoup avoir le cul d'une chatte, aussi propre soit-il, collé à mon pantalon. Mais en même temps je n'ai pas envie non plus de gâcher par une maladresse la nuit d'amour qui s'annonce . C'est qu'elles ont l'air d'être bonnes copines, ces deux-là !

Je lui dis : "Oui , c'est curieux, d'habitude, entre les chats et moi , le courant ne passe pas trop".

Elle me répond en riant :  "Ah mais là, c'est différent ! C’est qu'elle a senti le mâââle ! Hein ma coquine, que tu fais ta câline avec Jief, hein, dis moi ?"

Mon malaise augmente de cinq degrés sur l'échelle du stress ! J'ai une sainte horreur de l'humour zoophile, même bon enfant, comme c'est le cas, là!

Merde, merde, il faut que je prenne sur moi ! Surtout, ne pas tout gâcher, là, juste en début de soirée!
Bon, Ok, va pour l'humour zoophile! Je lui dis :
"Mais...il y a un gros malentendu, là ! Je pensais que c'était avec toi que je devais passer le week-end !"

Elle me gratifie de son beau sourire et se penche sur moi pour m'embrasser. "Mais c'est bien avec moi, Monsieur ! Et je ne suis pas du genre à partager ! Je suis très jalouse"

Bon ok ça s'annonce plutôt bien mais cette chatte m'énerve. Il faut que je la fasse sortir de la pièce ! Je lui dis :" Attends, je vais faire le service"  et je me lève brusquement pour faire dégager la chatte. Mais elle anticipe et prend sa chatte sur elle et la caresse. Je lui sers un verre et sous prétexte d'admirer les tableaux accrochés aux murs, je prends de la distance pendant un moment, histoire de me décrisper un peu.

Au bout d'un moment, je retourne m'asseoir à côté d'elle et aussitôt Princesse se lève et s'installe à nouveau sur moi. Avec bien entendu la bénédiction de sa maîtresse. Je réagis en me penchant pour embrasser Cynthia et, en passant ma cuisse opposée sur la sienne, je force Princesse à aller voir ailleurs si j'y suis. Après un long baiser, je lui murmure à l'oreille :

" Mais dis-moi, tu ne m'as pas encore fait visiter ta chambre, il me semble...!"

Elle me répond  : "C'est là, juste devant toi" en me montrant la mezzanine.

Ah merde ! Évidemment pas de porte à la chambre ! Quelque chose me dit que ça va être compliqué !

Et de fait, ce fut compliqué ! Une fois dans son lit,  Princesse nous rendit visite deux fois. A chaque fois, elle lui dit gentiment " Allez ouste, Princesse, va-t’en, il n'y a rien à voir pour toi ici" mais Princesse s'en foutait, évidemment ! Ce qui l'obligea à deux reprises à quitter mes bras pour aller la prendre et descendre l'escalier pour la déposer dans le salon. La troisième fois j'étais à moitié allongé sur elle, sous la couette (tout habillé, n'oublions pas ma promesse!) lorsque je sentis un poids s'affaisser sur mes cuisses ! Là je dois avouer que j'ai perdu mon calme: " ah non, là je ne peux pas, vraiment désolé, mais je ne peux pas.." Cynthia me dit " Ne t'énerves pas, attends, je vais la mettre dans la chambre des enfants" !

Le problème n'était pas réglé pour autant ! Princesse se mit à miauler de désespoir et à gratter la porte de la chambre des enfants et cette fois c'était Cynthia qui était dans l'embarras et qui fit vingt pauses dans nos étreintes (très chaste !) pour lui hurler " j'arrive dans un moment, ma Princesse, arrête de faire ta capricieuse..." Au bout d'un moment, ayant bien compris que Princesse ne céderait pas, et que ma belle ne serait pas détendue tant que sa copine serait enfermée dans la chambre des enfants, je décidai de faire contre mauvaise fortune bon cœur et lui demandai moi-même de libérer Princesse et de me préparer le canapé. 

Ma promesse d'un week-end "no-sexe" allait finalement être respectée.

 

 

 

 

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22 juin 2019

Épouse, maîtresse et concubine

Un de mes amis qualifiait, sur son blog, Valérie Trierweiller de "maîtresse" de François Hollande. Comme je lui faisait remarquer que compagne serait un mot plus juste, il me répondit que le mot "maîtresse" était un très beau mot désignant la même chose que le mot "compagne", la seule différence étant que ce dernier mot était plus moderne.

Les mots, comme les lois, ont un esprit ! On peut toujours leur demander de garder le sens qu'ils avaient sous François Villon, c'est peine perdue !  Quoi qu'on en dise, qualifier aujourd'hui une femme de "maîtresse" a un sens haineux que tout le monde comprend parfaitement.

Moi le premier. Et pour cause.

Ma mère n'a pas toujours été une épouse. Mais non ! Elle a vécu avec mon père "dans le péché" et a mis du temps à le convaincre des bienfaits du mariage. Mais après tout, dans un premier temps, cela n'avait pas une grande importance ! Ils avaient repris un petit commerce dans un coin où personne ne les connaissait et ma mère parlait de mon père en disant "mon mari" et mon père, quant à lui, disait "ma femme" ! Seul le curé était au courant, je ne sais pas comment, puisqu'il refusait la communion à ma mère ! Mais cela n'était pas bien grave puisque ma mère et mon père ouvraient boutique le dimanche matin et que c'était un excellent prétexte pour ne pas se rendre à l'église.

Donc jusque-là , pas de problème ! Elle était sa "femme", son "épouse" d'autant plus respectée qu'elle était de surcroît la mère de son enfant (votre humble serviteur) !

Les choses commencèrent à se gâter avec l'arrivée de mon oncle, le frère cadet de mon père ! Il ne faisait rien dans la vie, contrairement à mon père qui croulait sous le boulot. A la demande de la famille, mon père accepta de le prendre comme assistant. Il débarqua donc un jour dans notre vie avec... son épouse légitime!

Oui, parce que, lui, il n'avait pas de boulot, mais il avait une épouse certifiée légitime en grande pompe par un curé et par un adjoint au maire !

Inutile de vous dire que très rapidement la perfide épouse, qui ne portait pas ma mère dans son cœur, ne me demandez pas pourquoi, se chargea de faire savoir à toutes les voisines du quartier, à toutes les commerçantes et à toutes les grenouilles de bénitier que, contrairement à ce qu'elle laissait entendre, ma mère n'était pas une épouse mais une maîtresse, une concubine, une conjointe, bref, une femme de seconde zone, et certainement, peut-être qui sait, une femme intéressée et même selon toute vraisemblance, une putain !

J'étais petit, et je n'ai pas beaucoup de souvenirs de ces disputes de "grandes personnes". Je suppose qu'au plus fort de la crise, l'épouse a qualifié ma mère de putain et son fils (votre dévoué serviteur) de bâtard ! Je pense que ma mère a pleuré. Peut-être. Pas sûr. J'espère alors qu'elle l'a giflé!

Peut-être qu'à un autre moment, l'épouse a choisi l'ironie et la perfidie haineuse et lui a dit que le mot "maîtresse" était un très beau mot et qu'il était le mot juste pour désigner une femme qui partage la vie d'un homme sans avoir reçu la bénédiction du curé et du maire. J'espère, dans ce cas, que ma mère lui a craché à la gueule! Et qu'elle lui a expliqué ensuite que le mot "crachat" était un très beau mot et qu'il désignait quelque chose qui allait à ravir sur le visage des salopes !

Quoi qu'il en soit, ma mère a ensuite pris le raccourci facile, celui de convaincre mon père de se marier ! Et vous savez ce qu'on dit "ce que femme veut..."

 

 

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17 juin 2019

La nuit devant moi

Je me gare précipitamment sur le trottoir, je cours vers la porte en cherchant fébrilement mes clés dans mes poches , j'ouvre la porte... Dieu merci, il est vivant ! Mon père est vivant ! Allongé par terre, complètement nu, le visage hagard, mais vivant ! Il tourne la tête vers moi. Son regard est vide et sans émotion. Je ne peux pas m’empêcher de regarder son pénis... Oh mon Dieu...!

Il est vrai que, à la base, la soirée avait mal commencé ! Ce soir-là, il était 21 heures et j'avais un dossier urgent à terminer. Et quand je dis urgent, c'est urgent de chez urgent comme disent mes enfants. Urgent du genre que si le client et ses associés ne se présentaient pas demain à l'ouverture de la banque avec le dossier sous les bras, ils seraient immédiatement jetés dans les flammes de l'enfer.

Mais, pas de problème, j'avais toute la nuit devant moi pour le terminer, ce dossier.

Toute la nuit, vraiment ?

Mon téléphone vibre. Le temps de le trouver, il est déjà trop tard. C'est mon père. Un message arrive sur le répondeur vocal "je n'arrive pas à me lever" ! J'essaie de rappeler, mais ç'est occupé ! Merde il y avait de l'angoisse dans sa voix, ça doit être grave ! J'hésite : j'appelle le Samu où j'y vais d'abord ? Bon, en même temps, si ça se trouve, c'est rien de grave, il fait de l'atrophie musculaire aux jambes et se déplace avec beaucoup de difficulté et souvent il demande une main secourable pour l'extraire de son fauteuil ! Si ca se trouve il veut juste qu'on l'aide à sortir de son fauteuil pour aller se coucher et il a oublié de raccrocher le téléphone.

Bon, c'est à vingt minutes à peine, j'y vais ! Je prends mon dossier sous les bras pour le terminer plus tard chez moi, je quitte le bureau sous une pluie battante et le temps d'arriver à ma voiture au milieu du parking, je suis trempé. Pas grave, je m'engouffre dans ma bagnole et je démarre en trombe. Au bout de quelques minutes de route, de la buée se forme sur le pare-brise. Normal, avec cette chaleur et les vitres fermées ! Je mets la clim. Meeerrde, j'avais oublié que la clim était en panne ! Ah, putain de merde ! J’ouvre à moitié les vitres. La pluie presque horizontale inonde mon épaule gauche et les sièges de la voiture. Mais bon... pas le choix...!

Je vais pour prendre une cigarette... Le paquet est vide !!! Ohlalalalalala, il faut absolument que je m'arrête quelque part pour en acheter ! La perspective d'avoir une soirée super stressante, d'accompagner mon père au service des urgences, d'attendre pendant des heures, puis à deux ou trois heures du matin puis rentrer chez moi pour terminer ce putain de dossier... SANS cigarette, c'est pas possible ! c'est JUSTE pas possible, comme disent mes enfants !

Heureusement il y a sur mon trajet un Tabac qui ferme à 23 heures. Tu verras qu'il sera fermé, exceptionnellement ce soir! Ah mais non, il est ouvert ! Ah quand même ! Comme c'est le seul bureau de Tabac des environs ouvert à cette heure, il y a en permanence une queue d'une dizaine de personnes. Je fais la queue ou pas ? Mon père est peut-être en train d'agoniser... J'hésite une seconde... mais non, il a pu téléphoner...Et puis, je ne tiendrai pas sans clope ! Je m'arrête ! Je n'ai pas d’espèce sur moi mais, pas grave, j'ai ma carte bleue. Mon tour arrive, je demande au buraliste une cartouche de Marlboro Light et lui tends ma carte. Il tape le montant , introduit ma carte dans son appareil et me dit "allez-y" en me désignant le clavier posé sur le comptoir. Je vais pour taper mon code et... je l'ai oublié ! Le trou noir ! Je ne souviens PLUS DU TOUT de mon code ! Pour comprendre l'énormité de la situation, il faut savoir qu'à cette époque, je payais quasiment TOUT par carte de crédit ! Qu'il ne se passait pas une seule journée sans que je tape mon code trois ou quatre fois ! Que je l'avais tapé ce matin même pour payer une place de parking et à midi pour régler le resto. Et là le trou noir ! L’amnésie totale circonscrite à mon code carte bleue ! Je lève les yeux. Le buraliste me regarde avec méfiance, les gens derrière s'impatientent, je tape n'importe quoi, l'appareil me répond "code faux". Je laisse tomber et je repars. Sur le trajet, j'essaie de me souvenir du code. Est-ce que je l'ai noté quelque part, déjà ? Non, même pas, je crois !

Quelques kilomètres plus loin, une déviation pour travaux me force à quitter l'autoroute et à prendre la nationale. Curieusement, je passe à nouveau devant un bureau de tabac ouvert. Le destin aurait-il quelque regret à mon égard ? Je m'arrête. Mais là encore, à la caisse, même problème, je ne me souviens plus du tout de mon code. C'est assez angoissant comme situation. Je tape un code qui me vient vaguement en tête. "Code faux". Je suis là dans mes pensées angoissées, quand j'entends un jeune avec un fort accent "banlieues difficiles" interpeller bruyamment le buraliste "je le connais, M'sieur, il a déjà essayé de faire le coup tout à l'heure au tabac de la Verrière ! Il fait ça avec tout le monde, M'ssieur !" je me retourne pour regarder ce garçon. La première pensée qui me vient à l'esprit est "quelle probabilité y avait-il pour que quelqu'un qui était en même temps que moi dans un tabac à cinq kilomètres de là se retrouve dix minutes plus tard dans la file d'attente d'un autre tabac en même temps que moi ?" Ma carte risque d'être bloquée si je tente un troisième code. Je murmure un mot d'excuse au buraliste et je m'en vais !

Arrivé devant chez mon père, mon stress est à son comble. Je me gare précipitamment sur le trottoir, je cours vers la porte en cherchant fébrilement mes clés dans mes poches, j'ouvre la porte... Il est là, allongé par terre dans le salon, complètement nu ! Il me regarde d'un air gêné ! Je ne peux pas m'empêcher de regarder son pénis... Dieu merci il est vivant mais quelle situation horrible ! Il est là, nu comme un ver, allongé presque tranquillement au pied du canapé, l'air un peu gêné de me voir arriver. Je comprends assez vite, aux traces d'eau sur le sol, qu'il se douchait quand il est tombé et qu'il a rampé jusqu'au salon pour téléphoner.

Je prends le téléphone pour appeler les secours, mais il refuse. Il sort d'un long séjour à l'hôpital, il ne veut pas y retourner, "Non, je ne me suis pas fait mal. Je n'arrive pas à me relever, c'est tout." Je me penche sur lui et tente de le prendre dans mes bras pour le soulever. Impossible. Je vais me placer derrière lui, passe mes bras sous ses aisselles et le soulève de toutes mes forces. Impossible. Il ne pèse que 70 kilos, certes, mais il est complètement inerte. Il est épuisé, affaibli, et ne peut rien faire pour m'aider. Mais je ne peux pas le laisser comme ça, par terre. Je me concentre et de toutes mes forces, je lui soulève les épaules et le mets en position assis par terre et accoudé au canapé. Puis je monte sur le canapé et en bandant tous les muscles de mon corps, je réussis à le hisser sur le canapé.

L’effort a été trop violent, j'ai la respiration haletante, et le cœur qui bat la chamade. Je vais m'asseoir à mon tour. J'ai le souffle coupé et les battements de mon cœur résonnent dans ma tête. Je suis essoufflé comme je ne l'ai jamais été de ma vie. Je sens que je manque d'oxygène. Mon cœur bat tellement vite et tellement fort que je commence à être inquiet. Je le regarde. Son regard est vide mais il m'adresse un petit sourire triste. Je ne peux m'empêcher de penser que si je mourrais là maintenant d'une crise cardiaque, tout le monde penserait que c'est moi qui ai eu le problème en passant le voir et qu'il s'est précipité pour me porter secours sans prendre le temps de s'habiller. Et lui ne démentirait pas. Il en ferait même un souvenir personnel. Il me sourit et se tourne un peu vers moi comme pour me parler. Merde il est toujours nu ! Mon regard se porte à nouveau sur son sexe. Merde, C'est un tabou, on n'a pas le droit de voir son père nu ! Les filles de Loth l'ont fait et ont reçu une punition divine, je crois, à moins que soit leur mère, je sais plus !

Je vais prendre la nappe de la table basse et la lui mets sur le ventre et les cuisses. Une fois mon souffle retrouvé, je vais lui prendre un peignoir dans la salle de bains et l'aide à l'enfiler. Je lui pose quelques questions. Il n'est pas loquace, mais il répond qu’il n'a pas mal et refuse catégoriquement que j'appelle un médecin. Il m'a déjà fait promettre auparavant de ne pas aller contre sa volonté et de ne pas prendre de décisions médicales à sa place. Je respecte cette promesse et reste un moment avec lui. Puis je l'aide à se rendre dans sa chambre et à s'allonger sur son lit en promettant de passer le voir demain matin avant d'aller bosser.

Je rentre chez moi, il est presque une heure du mat. Je vais consacrer une petite heure à ce foutu dossier et tenter de le boucler avant d'aller me coucher. Il me faut des cigarettes. Je vais en piquer dans le paquet de Cécile qui doit dormir. Mais j'ai à peine le temps de piquer une cigarette (mentholée, beurk !) dans le paquet de ma chérie que celle-ci déboule dans le salon et me fait une scène. Je lui explique, pour mon père, mais elle ne décolère pas ! "Je me faisais un sang d'encre... je pensais qu'il t'était arrivé quelque chose... un coup de fil, un simple de coup de fil à quelqu'un qui est en train de t'attendre et qui se fait du mouron, c'est trop te demander, hein...! Je suis quoi, moi ? La cinquième roue du carrosse....? Ta colocataire...? Que dis-je, ta poupée gonflable...!" Elle est vraiment en colère, il me faut plus d'une heure pour la calmer ! Une heure, c'est juste le temps de fumer la demi-douzaine de cigarettes (mentholées, beurk !) qui restaient dans son paquet et on va se coucher !

Oui, oui, je vais me coucher, il est trois heures du mat, je suis crevé ! J'y vais en sachant que demain, ils seront une dizaine à passer, en colère, dans mon bureau pour me reprocher de les avoir mis dans une merde noire, pour me dire que je ne suis pas un mec fiable, qu'ils n'auraient jamais dû me confier ce rapport et que jamais au grand jamais ils ne me feront confiance à l'avenir !

 

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16 juin 2019

Pourquoi tu m'as appelé "chéri" ?

A la caisse de la supérette, juste devant moi, un homme, la cinquantaine, blouson de cuir délavé, l'air antipathique fait la queue avec un pack de bières dans chaque main . Derrière lui, un petit garçon de 5 ou 6 ans. Arrivé à la caisse, il s'adresse avec agressivité à la caissière. Elle lui répond sèchement. Il hausse le ton et devient menaçant. Un vigile s'approche. Il se calme, paie, regarde les gens autour de lui et dit à son fils : " tu viens, chéri ?" et s'en va.

Le petit garçon le suit :

- Papa ?

- Oui, quoi ? qu'est-ce qu'y a encore ?

- Pourquoi tu m'as appelé "chéri" ?

 

 

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Je suis un homme de Cro-Magnon



Flaireurs de signes, de semences,

suiveurs de pistes et de saisons,

leveurs de campements dans le petit vent de l’aube;

ô chercheurs de points d’eau sur l’écorce du monde;

ô chercheurs, ô trouveurs de raisons pour s’en aller ailleurs

Saint John Perse

"Main négative" (-30.000 ans) - La grotte Chauvet - Ardèche

 

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La faiseuse d'anges

 

Elle s'appelait Martine. Nous étions dans la même classe au lycée. Dix-sept ans tous les deux et nous étions déjà comme un couple. Toujours ensemble, ensemble pendant les cours, ensemble à réviser, ensemble à la cantine, ensemble hors du lycée.

La fille la plus romantique que j'ai connu. Son livre de chevet était un recueil de poèmes, écrit par un type qui s'appelait Paul Geraldy intitulé 'Toi et Moi". Les poèmes de ce type étaient...comment dire...? comme de la pâte de guimauve saupoudrée de sucre, nappée de caramel et recouverte de miel !

Plus d'un an de mamours, de tendresse et de bisous et le premier souvenir qui me vient d'elle est cette réplique banale : "alors là, ça m'étonnerait!". Les circonstances? Elle avait un peu saigné pendant l'amour et on cherchait l'explication. "Tes règles? - Non, je les ai eues la semaine dernière ! Peut-être tes ongles à toi? - Non, regarde, je les ai coupés!" Elle paraissait soucieuse. Je fis une petite plaisanterie: "si ça se trouve, c'est un reste de pucelage...". Et sa réponse murmurée comme à elle-même, qui me glace le sang: "alors là, ça m'étonnerait !"

Refus catégorique de sa part d'en dire plus, évidemment. Je n'en ai pas dormi pendant des jours. Qu'est ce que cela pouvait bien vouloir dire ? Qu'avait-elle subi comme atrocité pour dire une chose pareille sur un ton si triste? un viol collectif ? Un inceste dans l'enfance ? Il fallait que je sache la vérité. Je la harcelai pendant des jours et des jours et finis par apprendre le fin mot de l'histoire.

C'était tout simplement l'horreur ordinaire des jeunes filles de notre époque : un avortement clandestin effectué par une "faiseuse d'anges" avec aiguilles à tricoter et curetage manuel. Voulez-vous des détails ? A 15 ans elle avait été mise enceinte par un ami de son père et ses parents l'avaient confiée au bon soin d'une dame connue pour régler ce genre de problème dans leur région natale. Les avorteuses de l'époque semblaient avoir toutes le même profil : celui de bonne chrétienne chargée d'aider les parents à éviter l'opprobre et la honte mais aussi de faire payer aux jeunes putains qui leur étaient amenées l'horrible péché qu'elles avaient commis.

Après avoir réglé le sort du foetus à l'aide des aiguilles à tricoter, il fallait nettoyer et enlever les restes. Elle le fit en introduisant à plusieurs reprises sans ménagement sa main tout entière dans le vagin pendant qu'elle accompagnait les gémissements de douleur de la jeune pécheresse d’incantations destinées à montrer sa réprobation envers sa conduite: "ah ben oui! Il fallait y penser avant, ma fille...! Ah ben oui, c'est ben le moment de regretter, tiens...! Ah ben oui, quand on fait sa putain, il faut en payer le prix, ma fille..."

Voilà pourquoi elle n'était plus vierge dans sa tête. Voilà pourquoi elle pleurait en me le racontant.

 

Posté par Jief_0197 à 23:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Je suis mala-a-de

Si je devais emporter avec moi en enfer une seule chanson, laquelle je choisirais ? Une qui, à chaque fois que je l'entends, me donne la chair de poule, me rend triste et me donne envie de pleurer quand elle est chantée avec émotion: je suis malade.

Le dernier souvenir que j'ai de cette chanson, c'était il y a quelques années, au restaurant d'une station thermale normande. La cure était finie pour Anne et moi et nous allions rentrer chacun de notre côté le lendemain. Anne était triste et me reprochait dans son langage délicat, de la considérer comme une escort-girl, une femme qu'on appelle quand on a envie de sortir et qu'on a personne d'autre sous la main. Je l'ai interrompu "excuse-moi, il faut que j'aille aux toilettes"

- Oh pardon, je te gave avec mes jérémiades...

- Mais non, arrête, c'est pas ça ! je reviens tout de suite

Dans les toilettes du casino, les hauts-parleurs diffusaient Je suis malade. Je suis resté là à écouter cette chanson en me lavant les mains. Ca m'a rappelé qu'il n'y avait pas si longtemps que ça, j'avais aimé quelqu'un et que j'avais été triste de ne pas être aimé en retour. C'est souvent triste, l'amour, quand on y pense ! Je ne savais pas si Anne m'aimait mais moi je comprenais à ce moment-là, en écoutant cette chanson, que moi, je n'étais pas amoureux d'elle, et qu'on ne peut pas, comme ça, décider que l'on aime quelqu'un, mais je me disais que c'était cruel de dire à une femme avec qui je venais de passer une semaine que je ne l'aimais pas et que je n'avais aucune intention de vivre avec elle. Je suis resté là, perdu dans mes pensées je ne sais pas combien de temps. Quand j'ai rejoint notre table, elle n'était plus là.

 

Posté par Jief_0197 à 22:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]